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Décerné samedi soir par un jury composé de cinq spécialistes tunisiens, marocains et algériens, à l’issue des travaux du 5e Forum international sur la vie et l’œuvre de Kateb Yacine, organisé entre le 15 et le 18 janvier dernier à Guelma sous la thématique «Kateb Yacine, langue, art et révolution», le prix littéraire international Kateb-Yacine, qui récompense les meilleurs textes littéraires et d’analyse, et symbolisé par le remise d’un chèque de 2 200 euros, est revenu à l’écrivain et poète tunisien Mansour Mehenni, professeur à l’Université El Manar de Tunis, pour son ouvrage La nuit des mille et une nuits. Sélectionné parmi trois œuvres publiées entre les mois de janvier 2012 et 2013, le «prix spécial» est, quant à lui, revenu à l’auteur de l’ouvrage La littérature maghrébine d’expression française, l’écrivain et professeur d’histoire de l’art, Benamar Mediène.
Accueilli au théâtre Mahmoud-Triki et mis en place à l’initiative de l’association «Promotion touristique et revitalisation culturelle » de la wilaya de Guelma, la rencontre, dont l’organisation a été présidée par Ali Besbassi, avait pour objectif de mettre en lumière certaines facettes du personnage de Kateb Yacine, connu comme l’un des précurseurs.
Auteur incontournable de la littérature algérienne, son parcours, à la fois journaliste, écrivain, dramaturge ou militant nationaliste, mais aussi sa vision de la question linguistique ont été quelques-uns des sujets débattus au cours des nombreuses interventions. Programmées sur quatre jours, elles ont été données par des spécialistes algériens et étrangers, venus pour certains de Pologne, de Corée ou de Côte d’Ivoire.
A ce titre, le choix des participants, avait indiqué le professeur Mansour Mehenni, également coordinateur du conseil scientifique, a été fait de manière à privilégier le « caractère académique et scientifique afin de porter les débats à un niveau supérieur ». Marqué par une quarantaine d’interventions et conférences, notamment suivies par la wali de Guelma mais aussi par l’ambassadrice d’Autriche en Algérie, certains des conférenciers étaient également présents au titre d’amis et de proches de Kateb Yacine.
Cela a été le cas de Benamar Mediène ou du sociologue Habib Tengour qui est revenu, avait rapporté l’APS, sur la vision qu’avait l’auteur de Nedjma sur la problématique de la langue. Pour lui, Kateb Yacine est mort «au moment où il avait atteint la maturité de sa créativité, ayant résolu la question de la langue (française), il l’avait traitée comme un tribut de guerre pour transmettre les grandes idées militantes nationales». Allant dans la même direction, les professeurs Saalla Kittar et Raphaëlle Herout, toutes deux de l’Université de Caen, en Basse-Normandie, ont, pour leur part, souligné qu’il « écrivait réellement en langue française pour dire aux Français qu’il n’était pas français». Déjà programmée pour la mi-mars 2015, les participants ont recommandé que la 6e édition du forum consacrée à Kateb Yacine aborde son œuvre en tant que «carrefour culturel, textuel et artistique», avant de demander la création d’un centre de documentation et de recherche uniquement consacré aux œuvres de Kateb Yacine.